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Archive du mois : juin 2023

Le don du Khédive Abbas II Hilmi 0

Le don du Khédive Abbas II Hilmi

Le lot № VI représente une donation d’objets égyptiens offerte au gouvernement russe par le Khédive Abbas II Hilmi à la fin du XIXe siècle. L’histoire ne se révèle pas aussi simple qu’elle ne le laisse paraître à première vue. Parmi les collections des musées de Voronej, de Kazan et d’Odessa, se distinguent particulièrement des sarcophages à fond jaune de la Troisième Période Intermédiaire ainsi que des objets funéraires appartenant à la cachette de Bab-el Gasus. Leur préservation dans les musées russes témoignent de l’intérêt et de l’engouement suscités par l’art funéraire égyptien à cette époque. Ces objets, qui offrent des similitudes frappantes avec ceux exposés au musée national d’archéologie de Florence ainsi que dans divers établissements muséaux en France ou en Europe, nous transportent au cœur du passé. Leur présence évoque de manière captivante le souvenir de leur découverte, étroitement associée aux noms de G. Daressy[1] et du dernier Khédive d’Égypte, Abbas II Hilmi[2].

Début de l’histoire.

Photo de la découverte de la 2eme cachette de Deir el-Bahari identifiée récemment dans les archives de l’institut d’égyptologie du collège de France // PERDU 2017

Le 5 février 1891, le scientifique, archéologue et muséologue G. Daressy, accompagné de Grébaut[3], participe aux opérations menées par le Service des antiquités en Égypte. Parmi les exploits archéologiques les plus célèbres auxquels G. Daressy a pris part, on compte la découverte de la « deuxième cachette de Deir el-Bahari » sur la rive ouest de Thèbes[4].

Cette nouvelle découverte a suscité une grande résonance en France, comme l’attestent deux gravures d’Émile Bayard dans L’Illustration du 4 avril 1891. Les images ont captivé le public français et ont contribué à populariser cette trouvaille archéologique exceptionnelle.

La sortie des cercueils du puits conduisant à la 2eme cachette de Deir el-Bahari d’après une gravure de Bayard parue dans L’illustration du 4 avril 1891 // Perdu 2017

Le transport des cercueils de la 2eme cachette de Deir el-Bahari d’après une gravure de Bayard parue dans L’illustration du 4 avril 1891 // Perdu 2017

Daressy a évoqué ses souvenirs de cette aventure fascinante, qui témoignent de l’excitation intense qui régnait :

« … L’enlèvement des objets commenca le 5 février <…> Deux fois par jour, une longue procession se mettait en marche vers le fleuve, les ouvriers portant sur les civières les sarcophages et les caisses dûment clouées contenant les petits objets. Le 13 février, la galerie du fond du puits était entièrement vidée. » [5]

Ces souvenirs illustrent la minutie et la complexité des opérations menées lors de la récupération des objets précieux de la cachette dont la découverte revêtait un caractère exceptionnel.

En effet, la deuxième cachette s’est avérée être une sépulture collective secrète de la Troisième Période Intermédiaire[6]. S’étendant sur une longueur de 155 mètres, elle était composée de chambres funéraires et de galeries, et abritait plusieurs dizaines de sarcophages, comme en témoigne un premier inventaire sommaire des objets récupérés.

Plan et coupe de la cachette de Deir el-Bahari publiés à DARESSY 1900

Initialement, les prêtres auraient été inhumés dans des tombes individuelles privées, dont la majorité avaient déjà été soumises au pillage. Il est très probable que les sarcophages aient ensuite été transférés vers cette cachette durant le règne du pharaon Psousennès II de la XXIe dynastie.

Cette découverte archéologique présente ainsi une importance significative pour l’étude de la période de la Troisième Période Intermédiaire en Égypte ancienne. Elle offre un aperçu rare des pratiques funéraires de l’époque, ainsi que des objets et des rituels associés.

Selon les informations disponibles, 153 cercueils, 110 boîtes à statuettes funéraires, 77 statuettes osiriennes en bois, des stèles, des statues, des auvents et d’autres artefacts funéraires ont été identifiés dans la tombe de Bab el-Gasus.[7]

Le Khédive Mohamed Tewfik en famille. Debout, le jeune prince Abbas, assis son frère Mohamed Ali // Mémoire d’un souverain, par Abbas II Hilmi, Khédive d’Égypte (1892-1914), Abbas Hilmi II,  CEDEJ

Le gouvernement égyptien, représenté par Khédive Tewfik et son fils Abbas, manifesta un intérêt considérable pour les découvertes archéologiques, notamment la première cachette et la deuxième «Tombe des prêtres et des prêtresses d’Amon». Ils accordaient une attention particulière à tous les événements scientifiques de l’époque, et leur soutien contribua à promouvoir l’exploration et la recherche archéologique dans le pays. Un exemple significatif de cet intérêt est la reproduction d’une image publiée dans Le Monde le 10 juillet 1886, qui dépeint le « dépouillement » d’une momie de la première cachette, celle de Ramsès II. Cet événement se déroula en présence du Khédive Tewfik dans la salle des momies royales du musée du Boulaq.[8] En dépit de la valeur de cette découverte, le gouvernement égyptien se trouva confronté à la difficulté de loger l’ensemble des trouvailles au musée du Caire, qui était alors situé à Gizeh. Face à cette situation, une solution fut recherchée.

«Dépouillement» d’une momie de la première cachette publiée dans Le Monde le 10 juillet 1886 // Perdu 2017

Lot № VI.

En 1893, le gouvernement égyptien prit la décision d’organiser une loterie. Les objets découverts dans la cachette de Bab el-Gasus seraient divisés en plusieurs lots, regroupant des contenus similaires, qui seraient ensuite offerts en tant que dons aux puissances européennes. Cette division devait partager équitablement les découvertes archéologiques entre les différents destinataires, tout en assurant une distribution représentative des trésors égyptiens.

Ces dons aux puissances européennes devaient ainsi témoigner de la reconnaissance du gouvernement égyptien envers les pays qui avaient manifesté un intérêt pour l’archéologie égyptienne et contribué à la promotion de cette discipline. Ils constituaient également une forme de diplomatie culturelle, renforçant les relations internationales et favorisant les échanges culturels entre l’Égypte et les pays récipiendaires.

Le 15 février 1893, à l’initiative des archéologues étrangers, le Khédive Abbas II Hilmi a ainsi proposé la formation de sept collections principales d’objets découverts dans la cachette de Bab el-Gasus, qui seraient offertes aux musées d’Allemagne, d’Autriche-Hongrie, de France, de Grande-Bretagne, d’Italie, de Russie et de Turquie. Cette décision a été confirmée dans une lettre du ministre des Affaires étrangères d’Égypte, Tigran Pacha, adressée au consul général de Russie, A.I. Koyander, le 3 (15) février 1893.

« Le Governement Khédival s’est empressé de faire examiner cette demande qu’Il est heureux de pouvoir, après cet examen, accueillir favorablement, et Il a décidé que sept collections principales de ces objets seraient formées d’offertes aux Museés d’Allemagne, d’Autriche-Hongrie, de France, de Grande-Bretagne, d’Italie, de Russie et de Turquie ».[9]

Il est important de souligner que le gouvernement égyptien a fait ce don sans attendre de compensation en retour, exprimant sa volonté de partager ces objets avec les musées étrangers.

«Sans attacher aucune idée de compensation à ce don, que le Governement de Son Altesse est heureux, je le répète, d’être en mesure de faire aux musées étrangers ».[10]

Dans la lettre, il est également mentionné que le gouvernement égyptien et les égyptologues européens travaillant au Caire à l’époque ont exprimé le souhait d’obtenir des moulages et des papiers calques des objets pris en Égypte et stockés à l’Ermitage, ainsi que des publications scientifiques sur l’égyptologie[11].

Finalement, les antiquités découvertes n’ont pas été divisées en sept lots comme initialement prévu, mais en dix-sept lots qui ont été envoyés à différentes puissances européennes. Par exemple, le lot № V a été attribué à l’Italie, et le ministère de l’Éducation a décidé de l’attribuer au Musée d’archéologie de Florence. Le lot florentin comprend sept sarcophages, quatre couvercles intérieurs de sarcophages, 92 statuettes funéraires réparties en trois boîtes [12].

Mummy cover of the Amon singer Ankhsetenmut, from the cachette of Bab el-Gasus, XXI dynastie.

Mummy cover of an anonymous woman, from the cachette of Bab el-Gasus, XXI dynastie.

Musée archéologique national de Florence.

D’autres lots ont de même été attribués à la France, l’Autriche, la Turquie, la Grande-Bretagne, la Russie, l’Allemagne, le Portugal, la Suisse, les États-Unis, les Pays-Bas, la Grèce, l’Espagne, la Suède-Norvège, le Danemark, la Belgique et le Vatican.

Le lot № VI attribué à la Russie comprenait, selon les données d’archives[13], quatre cercueils et 46 statuettes funéraires. Voici quelques détails sur certains des objets du lot :

«№ 29.712 : Un très beau cercueil de la dame Nesitaou Zakhou, chanteuse d’Ammon […]

№ 29.687 : Un cercueil de la dame …ankht, chanteuse d’Ammon, qui présente un intérêt particulier. […]

№ 29.634 : Un très joli cercueil de la dame chanteuse d’Ammon Rà, roi des dieux, musicienne avec la main pour Mout la grande, dame d’Ashrou “Nesimout”. […]

№ 29.620 : Un cercueil de “Thot khonsou anf ankh”, fils de Shedsonhor, accompagné de trois boîtes funéraires et de statuettes funéraires. […] »[14]

Liste des objets du lot № VI : fragment // Krol 2017.

Au moment de déterminer le sort du lot qui lui était attribué, il est mentionné dans une lettre d’A.I. Koyander[15], que le gouvernement russe a rapidement consulté Vladimir Golenichtchev[16], qui se trouvait en Égypte à ce moment-là, afin d’évaluer la valeur de la collection. La réponse de V. Golenichtchev soulignait que le gouvernement du Khédive avait initialement l’intention de diviser les objets en seulement sept groupes, correspondant au nombre de capitales des grandes puissances et de la Turquie. Cependant, il a été ultérieurement décidé de créer dix-sept collections identiques pour offrir des cadeaux à tous les États qui avaient des représentants en Égypte. Il est évident qu’une telle fragmentation a inévitablement entraîné une diminution de la valeur scientifique de la collection. L’égyptologue V. Golenichtchev a exprimé son opinion selon laquelle le don actuel du gouvernement égyptien n’intéressait pas particulièrement l’Ermitage impérial en Russie, mais que les différents musées provinciaux seraient ravis d’accepter toutes sortes d’objets tels que des sarcophages, des figurines funéraires, et d’autres antiquités égyptiennes en raison de leur absence dans ces institutions[17].

Après de longues négociations diplomatiques, le lot № VI a été livré à Odessa en mars 1894[18].

Selon les conseils initiaux de Vladimir Golenichtchev, les objets du lot № VI n’ont pas été conservés exclusivement à l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Par décision de l’empereur Alexandre III, ces précieux artefacts ont été répartis entre les plus grandes institutions d’enseignement de l’Empire russe. Ils ont été attribués aux universités[19] de Moscou, Kiev, Kazan, Kharkov, Novorossiïsk, Yuryevskiï, Varsovie, ainsi qu’aux universités de Helsingfors et à deux écoles d’art[20].

Ainsi, après la distribution initiale des objets du lot № VI en Russie, certains de ces monuments se trouvent encore de nos jours répartis dans différents musées. Le musée national de la République de Tatarstan à Kazan, par exemple, abrite un ajout important à sa collection, à savoir le sarcophage intérieur de la chanteuse du dieu Amon Nsjj-tȝ-wḏȝt-ȝḫt et des figurines d’oushebtis[21].

Oushebti de Pȝ-ḫr (1069-945 av. J.-C.). du Musée national de la République du Tatarstan, NMRT // https://journals.openedition.org/bifao/11097

Le musée anthropologique de l’Université de Moscou possède également un objet de cette collection. Cependant, il est difficile de retracer précisément le parcours ultérieur de certains monuments, car leur répartition en Russie n’a pas été documentée de manière exhaustive.

Le sarcophage extérieur de Nsjj-tȝ-wḏȝt-ȝḫt à Odessa // BERLEV, HODŽAŠ 1998

Les objets ont été divisés sans correspondance égyptologique appropriée. Par conséquent, selon les suggestions de certains chercheurs, le sarcophage intérieur Nsjj-tȝ-wḏȝt-ȝḫt s’est retrouvé à Kazan, tandis que le sarcophage extérieur est resté à Odessa[22]. Au musée des Beaux-Arts de Voronezh, on conserve une couverture de momie féminine sans nom[23], qui, selon O.D. Berlev[24], fait également partie du lot № VI, en particulier de Nsjj-tȝ-wḏȝt-ȝḫt [25].

Il convient de noter que si cette fragmentation a offert aux musées russes provinciaux une opportunité d’enrichir leurs collections avec des antiquités égyptiennes, cette répartition a néanmoins entraîné une dispersion des objets et une perte de cohérence scientifique de l’ensemble de la collection.

Une couverture de momie féminine au musée de Voronezh // https://mkram.ru/ru/2017/03/29/nakladka-na-mumiyu-zhritsy/

En raison de ces circonstances, la localisation de plusieurs objets funéraires de Bab el-Gasus, ainsi que celle de l’un des sarcophages qui, selon la liste établie par Daressy, aurait été envoyé à Irkoutsk[26], n’a pas encore été précisée.

Le don du Khédive s’est ainsi répandu dans toute l’Europe et en Russie. Certains objets sont perdus ou mal documentés, nécessitant une véritable enquête pour les retrouver et rassembler de nouveau toutes les sépultures dispersées. Cela souligne l’importance d’une recherche approfondie et d’une collaboration internationale pour reconstituer de manière exhaustive cette collection d’antiquités égyptiennes et préserver son intégrité historique et scientifique.

*** (suite…)

Jour 2 des Journées européennes de l’archéologie 0

Jour 2 des Journées européennes de l’archéologie

 

 

Les journées de l’archéologie européenne ont pris fin. Durant ces deux jours, le musée Lugdunum a accueilli plus de 2 000 visiteurs enthousiastes.

Parmi les différents ateliers proposés, l’atelier d’initiation à l’estampage et l’atelier “Identifier les animaux” ont suscité la curiosité des visiteurs qui ont pu aussi explorer notre valise de l’archéologue. Comme à l’accoutumée, notre laboratoire a abordé l’histoire de l’archéologie ainsi que l’importance de reconstituer les étapes d’accumulation des antiquités dans les musées, tout en soulignant l’importance de leur exposition.

De la plus jeune à la plus âgée, chaque personne s’est intéressée à l’histoire des objets et les a étudiés, identifiés et exposés en collaboration avec notre équipe.

L’archivisste de la MOM, Laure Bézard
Helena travaille avec les jeunes

 

 

 

 

 

 

 

Cependant, notre labo Junior ArchéOrigines ne se contente pas de cet adieu. Nous vous donnons rendez-vous en octobre 2023 pour la 32e édition de la Fête de la science, qui se tiendra du vendredi 6 au lundi 16 octobre 2023. Nous continuerons à partager notre passion pour l’histoire de l’archéologie et à susciter l’intérêt du public.

Anastasia expose la monnaie romaine avec les visiteurs
Jour 1 des Journées européennes de l’archéologie 0

Jour 1 des Journées européennes de l’archéologie

La première journée des Journées européennes de l’archéologie s’est achevée. Nous avons été ravis de rencontrer autant d’enthousiasme et de motivation chez les visiteurs du musée.

Parmi les nombreux ateliers, notre laboratoire Junior Archéorigines a apporté une valise pleine de découvertes archéologiques, offrant ainsi un cadeau inattendu au musée. Notre laboratoire invitait les visiteurs à comprendre et analyser chaque objet.

Tout dans cette valise mérite l’attention : un petit autel votif, une lampe romaine, un jouet de Tanagra, des fragments de mosaïque et de céramique sigillée, ainsi qu’une monnaie de Philippe l’Arabe. En prime, par un heureux hasard, nous avions inclus un estampage de l’épitaphe de Feridia Orbiola. Après son étude, les visiteurs avaient également la possibilité de réaliser leur propre estampage dans l’atelier adjacent.

Ainsi, les visiteurs ont parcouru avec nous les étapes les plus importantes de cette recherche. Tout d’abord, nous avons étudié et décrit les objets, en utilisant des cartes et une échelle chronologique pour nous aider. Ensuite, les participants ont constitué de véritables dossiers historiographiques à l’aide de livres, de documents et de photographies. Notre archiviste vous a ensuite expliqué l’importance d’archiver les travaux scientifiques et a pris en charge la conservation de vos dossiers.

Adrien travaille avec les collégiens.

Adrien et Linca se chargent d’expliquer le jeu au public.

Mais ce n’est pas tout ! Les visiteurs du musée avaient également la possibilité de concevoir leur propre cartel et d’exposer l’objet à côté de l’exposition permanente du musée. De plus, ils ont pu immortaliser leur participation et leur travail scientifique par une photo.

L’exposition de l’objet.

Toute l’équipe d’Archéorigines a été ravie de vous accompagner et de passer cette journée au musée.

 

(suite…)

Les Journées européennes de l’archéologie 2023 0

Les Journées européennes de l’archéologie 2023

Les Journées européennes de l’archéologie sont pilotées par l’Inrap sous l’égide du ministère de la Culture.   

Les Journées de l’Archéologie se dérouleront les 16, 17 et 18 juin 2023. Passionnés d’histoire ou simples curieux, en famille ou avec votre classe, venez découvrir les coulisses du patrimoine et de la recherche archéologique.

Notre Labo Junior ArchéOrigines vous convie chaleureusement au musée Lugdunum ce samedi et dimanche afin de plonger dans les profondeurs de l’histoire de l’archéologie.

Un atelier proposé par ArchéOrigines intitulé « Dans la valise d’un archéologue » vous transportera dans la peau d’un aventurier pour ravir petits et grands ! Vous êtes-vous déjà senti l’âme d’un Champollion ou d’un Schliemann ? Si la réponse est oui, alors votre rêve est sur le point de se réaliser ! Et si la réponse est non, alors nous allons vous donner envie de vous mettre dans la peau d’un archéologue. Venez passer avec nous les quatre étapes de la recherche jusqu’à l’exposition : 1. Observer, 2. Rechercher, 3. Archiver, 4. Exposer.

Rendez-vous au musée Lugdunum.

Pour en savoir plus : https://www.lyon.fr/evenement/animation/journees-europeennes-de-larcheologie 

Sur la vie des donateurs et des objets – retour sur l’exposition « Le trésor de Kerch, trésors depuis l’aube de l’histoire européenne » – exposition au Neues Museum, Berlin (19.10.2017-04.10.2024) 0

Sur la vie des donateurs et des objets – retour sur l’exposition « Le trésor de Kerch, trésors depuis l’aube de l’histoire européenne » – exposition au Neues Museum, Berlin (19.10.2017-04.10.2024)

Des bijoux en or de l’époque des migrations trouvés près de la mer Noire, des broches en argent et de magnifiques ceintures provenant de tombes du haut Moyen Âge en France, en Italie, en Espagne et en Allemagne, sont toutes des pièces de la collection de Johannes von Diergardt, exposées à Berlin pour la première fois depuis 80 ans, revenant dans la ville où elles ont été exposées jusqu’en 1934.

Après la mort du collectionneur et amateur d’art, ces œuvres ont été transférées au Römisch-Germanisches Museum de Cologne. Les travaux de construction du musée de Cologne ont offert depuis 2017 une occasion unique de présenter à nouveau ces trésors au public berlinois, pour la première fois depuis de nombreuses années.

Ainsi, Altes Museum en profite de cette collection pour présenter les objets, mais pour également en faire la présentation de ce personnage qui fait partie de la grande histoire des musées berlinois.

Johannes von Diergardt

Johannes von Diergardt (1859-1934), collectionneur depuis son plus jeune âge, commence avec des collections des monnaies. En 1885, il découvre l’archéologie avec une fouille d’une nécropole médiévale effectuée près de sa maison. Riche, grâce au travail de son père qui a fait fortune dans le commerce de la soie et du velours, il devient sponsor du Museum für Vor-und Frühgeschichte de Berlin, mais il insiste d’être enregistré dans les archives comme anonyme.

Les archives mentionnent que son premier prêt au musée a été fait en 1905 mais d’autres suivront tout au long de sa vie. Concernant la collection exposée, celle-ci a été achetée en 1907. Elle contient en grande partie des antiquités provenant de Crimée.

Ces objets appartiennent désormais au Römisch-Germanisches Museum de Cologne achetés d’après les successeurs de Diergardt pendant la crise des années 1920.

L’exposition est ouverte au public au Neues Museum, Berlin jusqu’au 04 octobre 2024 et fait partie de ses expositions qui mettent à l’honneur l’homme derrière les œuvres.

Enfin, on vous laisse avec une citation sur une visite de Diergardt au musée  «…à l’époque, le baron avait soixante-dix ans et son énorme taille réduisait sa capacité à marcher, mais il avait toujours l’air d’un grand seigneur lorsqu’il garait la voiture devant le musée (invariablement à 15 heures ou à l’heure de fermeture afin d’éviter le public), pour être conduit dans la salle d’exposition, où il s’asseyait sur la chaise et commençait à nous divertir avec des histoires de sa vie de collectionneur pendant le quart d’heure suivant. Après avoir terminé, il avait l’habitude de présenter un don, une pièce qu’il avait prêtée au musée, pour être ensuite ramenée dans la voiture. » O. Doppelfeld, ancien membre du musée, « Sur Johannes von Diergardt ».